PB 2010
Qu'après ma mort si l'on en rie Que Pierre Paul Jacques Hector Henri Vous déclare "je connais bien mieux Ce bled est triste mort et paumé Tous les murs sont très abîmés Et les habitants bien trop pieux Qu'il n'y a pas l'moindre cinéma Qu'c'est dur d'y trouver des nanas Et qu'on y bousille des essieux" Qu'le sang d'mon sang ne les suive pas Et n'considère jamais à bas Ce qui fut le pays du vieux
Vous en seriez très étonnés Vous les parisiens qui n'avez Qu' les plages et la côte pour tout lieu Providentiel de vos vacances Continuez d'ignorer la France Tous ses cantons et ses chefs lieux… Mais ne mettez jamais le doigt Là où j'ai passé tous mes mois Mes moments vides mes moments creux Laissez vaquer à sa ptite vie Ce tendre et merveilleux ami Ce qui fut le pays du vieux
Quand à loisir il s'promenn'ra De champs en prés de prés en bois Tout son être deviendra fiévreux Il saura profiter d'l'aubaine De cette rivière souveraine Où nagent des poissons gris-bleu Les papillons, les libellules Pourront lui servir de pendule Quand l'soleil sera paresseux Et ce grand air inimitable Exaltera des sens en rabbb' Dans c'qui fut le pays du vieux
Si un jour il se trouvait là Je jure aujourd'hui sur ma foi Que je lui ferai goûter mieux Tous les plaisirs de cette nature De cet air bien plus pur que pur De cette vie autre qu'en banlieue… Lui enseignerai le patois Et l'art de vivre simplement là En étant simplement heureux Pour qu'après ça tout se déchaîne En lui et que son âme humaine Se sente du pays du vieux…
Pierre Bruhat... Années 90
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